l’histoire du semi marathon


Un jour moh el coq ou Mohamed « A » qui une fois installé en Allemagne a changé radicalement de prénom pour se faire appeler Michel, un clin d’œil à son père qui l’obligeait à faire la prière et à être un bon musulman, vient m’appeler à la maison , pour me dire si je voulais courir un demi-marathon organisé par la Sonatrach, pour la fête des hydrocarbure, “eh oui même le pétrole 3andou une fête ya “didou” j’ai tout de suite dis oui car à cette époque je courais tout le temps. C’était la fièvre de Noureddine Morceli qui s’abattait sur toute l’Algérie on était plusieurs à courir partout sur les routes les autoroutes, les stades les cahiers d’écoliers “wine djat el mouhim” tu cours et la force de Morseli est avec toi.
le départ était prévu à Aïne El Beniane ex la Madrague, et l’arrivée au stade du 20 aout au Ruisseau (on remarque déjà la différence des appellations la Madrague ruisseau et Aine El Beniane 20 Aout à El Hama) en première ligne il y avait les champions les coureurs de l’équipe nationale, les russes, les coureurs des pays de l’est et quelques européens (la différence est frappante les Algériens tu les reconnais facilement ils sont majoritaires, les russes “wa ma achbaha” trop blancs de peau et mal habillés, les quelques européens chabine et très bien habillés, on aurait dit « le blond » des sketchs de Gad el Malah.
Moi et moh el coq on a choisi comme stratégie de course de partir avec les derniers pour ne pas les gêner “yawedi hna” amateur.
En plus comme moh avait subi dans sa prime jeunesse une opération cardiaque, il avait une cicatrice tout le long de sa poitrine pas très belle à voir, et je courais avec lui au cas où il tombait raid mort, au moins je pouvais avertir son dictateur de père.
Ya sidi nous on était avec les derniers (weli yabka m3a twal kalou zahaf)
d’un coup on apercevait la foule des premiers à l’assaut du départ tu entendais que “demaraou” il ont démarré comme des affamés à toute vitesse comme on dit ”la mafia attaque le pain”, après un bon moment on a commencé à bouger comme les pèlerins le jour du hadj douga douga, on peut pas tous gagner, nous on courrait notre marathon et eux le leur, la télé les prix et les cadeaux, nous la tchatch, sur le chemin on commençait à doubler les plus faibles que nous, les moins entrainés mais avec le sourire et le « s’il te plait es ce que je peux te doubler…mais faites donc mon amis et que dieu t’aide » (alah y 3awnek) on te le dit le plus souvent quand on te voit bosser sous le soleil de Bodéga et que personne ne veut t’aider (ikoulek rabi y 3awnek) comme si rabi allé se déranger pour toi! Bon bref là je déborde et les temps en Iran est au changement, donc petit à petit on se sentait en confiance.
Et kalek attends le deuxième souffle c’est la devise des coureurs de fond, on était là à attendre ce fameux deuxième souffle ‘(ya deuxième souffle wine rak) d’un coup en arrivant à hauteur de l’usine de ciment de la Pointe Pescal je sentais le deuxième souffle, ah non fausse alerte c’était l’air pollué qui me serrait les poumons mais bon, ce n’est pas le marathon de New York non plus machi Central Parc.
Toute la route du littoral était pour nous, on pouvait courir ou marcher, des tables posées par ci par là nous distribuait de l’eau rien que de l’eau « dites je le jure », tu carbure à l’eau pas d’OPO ni d’amphétamine c’est pour les premiers de la course ça pas pour nous, les jus pour les autres mais nous de l’eau à volonté tu peux même te noyer sur le bitume si tu veux.
En arrivant à la Place des Martyres (un autre clin d’œil morbide) tu remarques que la foule a reprit ses tracas quotidien, et que la course ils l’ont déjà oublier car ça fait un bon moment que les champions sont passés et que la ville a reprit ses droit, les policiers ont réouvert les routes, et que tu cours avec les véhicules, puis sur les trottoirs pour te fondre sur la foule qui se moque de toi car, épuisé, tu n’ai pas beau à voir, avec ou sans cicatrice dans la poitrine, el mouhim on arrive enfin au stade du 20 aout là, la cérémonie est déjà finie les champions ont prit leurs primes de champion, les russes leurs visas de 5ans, et nous on devait faire encore un tour de piste pour nous épuiser bien comme il faut, ma3liche on ne sentait plus les kilomètres c’est pas quelques mètres qui vont nous gêner , wach quand tu arrives dans les derniers 100 mètres, c’est plus 100 mais 1000, et que tu vois la ligne d’arrivée, automatiquement tes bras pendouillant pendant toute la course se lèvent pour faire ouiii j’ai gagné! et ouf moh n’ai pas mort, épuisé, vidé ton corps n’a plus un gramme de calorie mais issalek presque, tu es comme un zombi de Thriller, (Michael Jackson ya delali) tu remarques que tu n’as pas pris d’argent avec toi et que personne ne t’attends, tu vas à la buvette mendier un verre de jus, tu ressens ce que ressentent les mendiants, machi fi ramdane on ressent ça, non si tu veux savoir ce qu’un type qui a faim et soif fais un marathon sans aucun sous, dégouté de ta journée il ne te reste qu’à rentrer chez toi comme tu peux, depuis, j’ai arrêté de courir, et Morceli a perdre ses record ouf!

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3 réflexions sur “l’histoire du semi marathon

  1. the good thing , that you haven’t quit , you and moh even with a heart problem , you did finish the marathon , so you aren’t a quitter that’s why i applaud you , it was a cool running .

    • je trouve ton commentaire très sympa merci de ses quelque mots qui font du bien, l’histoire du marathon c’est un peu comme la vie il faus rien lâché jusqu’à la fin, même si on arrive dernier le but c’est de finir ce qu’on a commencé. peace

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